Interview d’une bénéficiaire : Ramalakshmi

2006

Irisha Aroutcheff


Interview d’une bénéficiaire : Ramalakshmi

Bonjour, vous êtes du village quel est votre nom ?
Oui, je suis d’Arunthangavillai, je m’appelle Ramalakshmi

Votre maison est pratiquement terminée mais il semblerait que vous avez commencé à y vivre ?
Oui, parce que la mousson a commencé et on vit dans des huttes temporaires qui prennent l’eau alors on a mis les affaires de valeur dans la maison.

De combien de membres est composée votre famille ?
La semaine je suis avec mon mari et ma fille, j’ai perdu deux fils. Le week- end mon autre fille, son mari et ses 2 enfants viennent rester avec nous.

Avez-vous aidé les architectes à dessiner votre maison ?
Oui, on a fait quelques changements. Les architectes sont venus pour marquer le terrain et on leur a expliqué comment on voulait orienter la maison selon le vasthu . Il fallait mettre l’entrée à l’Est et le coin Sud Ouest de la maison devait être plus haut que le reste.

Comment ont-ils fait appel à votre participation ? Vous ont-ils montré des plans ?
Ils nous ont montré un plan et l’orientation des portes n’était pas bonne. C’est tout ce qu’on a changé.

Est ce que vous avez le sentiment que cette maison est telle que vous l’avez souhaité ?
Oui je suis très contente de cette maison, si j’avais dû faire la même moi-même une vie ne m’aurait pas suffit à la construire. Je n’en aurais jamais eu les moyens financiers. Le seul reproche c’est que j’aurais voulu que le niveau des sols soit plus haut, car lorsqu’il pleut les sols s’humidifient et j’aurais voulu un escalier pour pouvoir utiliser le toit comme espace de travail au sec pour la fabrication des pétards plutôt que de travailler sur le sol en terre.

Et vous avez demandé un escalier ?
Oui, mais on nous a dit dès le début des travaux que personne n’aurait d’escalier alors on n’a pas insisté...

Maintenant que vous vivez dans la maison pouvez vous, s’il vous plaît, m’expliquer à quoi servent chacune des pièces ?
On ne s’y est pas encore tous installés alors pour l’instant on y garde les pétards terminés et on y dort. Notre vie se passe ici dehors, devant la maison.
La cuisine je ne m’en servirais seulement pour cuisiner des petites choses comme les dossas, les idlis et le café pour le petit déjeuner. Pour le reste des repas je ferais tout dehors car je cuisine au feu de bois et je ne veux pas que la fumée salisse les murs. La cuisine me servira aussi d’espace de rangement pour mes casseroles et les aliments.
Dans le hall (salon) on mettra la télévision et les dieux ainsi que tout le matériel pour les pujas (prières).
Dans la chambre on aura un lit simple et un placard ou on gardera nos affaires de valeur (nos bijoux, l’argent...)

Et vous dormirez ou ?
Moi, je dors sous la véranda sur un des bancs en pierre, ma fille dort dans le salon et mon mari dans la grange devant la maison.

Pourquoi dormez vous tous séparés les uns des autres ?
Avant nous dormions tous dans la même chambre mais maintenant les règles ont changé car nous sommes plus âgés (les parents) et ma fille a 21 ans, elle est à l’âge de la puberté, alors il faut que l’on dorme séparés les uns des autres. C’est comme ça chez nous, ici dans le village la plupart des familles font ainsi.

Et la chambre vous n’y dormirez pas ?
Non, on la garde pour nos objets de valeur et quand ma fille, son mari et ses enfants viennent les week-ends ils y dorment.

Avant cette maison et ces huttes vous viviez ou ?
On vivait ici, sur ce terrain dans une maison en terre avec un toit en feuille de cocotiers. Il y a avait en tout sept pièces, 3 pièces étaient sur un sol en ciment et le reste sur un sol en terre. Il fallait refaire le toit tous les 2 ans ce qui nous coûtait environ 3000 roupies (53€) et il fallait entretenir les murs. Avec cette nouvelle maison on pourra économiser cet argent !



ASFInt

Association membre du réseau Architecture sans Frontières International