Las « Camas Calientes »

Un petit éclairage sur les problématiques que je vais essayer d’aborder au cours de ces prochains mois...
Les « lits chauds » !
Il ne s’agit pas d’un nouveau lit chauffant avec massage intégré, mais d’une formule utilisée par près de 12.000 immigrés pour se loger en Espagne, de jour comme de nuit.



2006
 Thomas Ubrich

Un petit éclairage sur les problématiques que je vais essayer d’aborder au cours de ces prochains mois...

Les « lits chauds » !
Il ne s’agit pas d’un nouveau lit chauffant avec massage intégré, mais d’une formule utilisée par près de 12.000 immigrés pour se loger en Espagne, de jour comme de nuit. Ceux qui n’ont pas de logement ni d’endroit pour se réfugier, louent à l’heure, des lits dans des appartements : un véritable système industriel. Toutes les 8 heures le même lit est occupé par une autre personne, de telle manière que trois immigrés dorment chaque jour dans le même lit.

La régularisation des immigrés a permis à un demi million de personne de s’installer légalement en Espagne. Aujourd’hui les immigrés continuent d’arriver par milliers et le Gouvernement socialiste espagnol assure qu’il n’y aura pas d’autre régularisation ; au contraire, les clandestins en situation illégale seront rapatriés.

Les carences de l’action publique, son laxisme ou sa volonté affichée, mènent à l’apparition d’établissements informels forcés, « illégaux », par des populations excluent du logement de droit commun. Cela révèlent/renforcent les problèmes de manque en logement accessible, d’hygiène, d’eau potable, d’éducation, de santé.
A ces bidonvilles s’ajoutent un nombre important de logements démunis des services élémentaires, particulièrement dans les quartiers anciens et dans le centre de la capitale. Se développe alors un habitat précaire aux conditions de vie indigne dans les centres urbains : phénomène portant le nom de bidonvilisation verticale.

Il semble que ni le gouvernement, ni l’opposition, ni les ONG n’arrivent à se mettre véritablement d’accord sur le nombre de personnes vivant dans cette situation, surtout depuis que les régularisations sont fermées. Une réalité « invisible » qui est située en plein centre des plus importantes villes espagnoles : Barcelone et Madrid, en particulier, accueillent la majeure partie des immigrés provenant des centres de rétention et avant leur expulsion.

A Madrid, ces logements sont habités par des immigrés de l’Est de l’Europe, du Maghreb et d’Amérique Latine. Ils sont principalement situés dans le district centre de la ville qui est mon terrain d’étude : quartiers de Lavapiés, Tirso de Molina, Embajadores au Sud et Tetuan au Nord.

L’accès à un logement digne est déjà compliqué pour des Espagnols, mais c’est évidemment encore plus difficile pour les immigrés : ils n’ont pas d’appui familial, ni de contrat de travail légal ni d’autres garanties qu’exigent les banques pour concéder un crédit ou de nombreux propriétaires pour octroyer un contrat de bail.
Si les immigrés régularisés commencent, non sans difficultés, à pouvoir accéder à un logement digne, tous ceux qui vivent sans papiers sont dans des situations désespérées. Le "rêve européen" se transforme en cauchemar.

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